Les directions d’écoles appellent à continuer l’année scolaire

Les écoles publiques et privées se disent prêtes à collaborer pour l’enseignement à distance.
Photo: Catherine Legault Archives Le Devoir Les écoles publiques et privées se disent prêtes à collaborer pour l’enseignement à distance.

Marco Fortier – LE DEVOIR
24 mars 2020
Éducation

Les directions d’écoles publiques et privées du Québec « implorent » le gouvernement Legault de ne pas annuler le reste de l’année scolaire. Les écoles privées offrent même de mettre à la disposition du réseau public leurs plateformes d’enseignement en ligne pour continuer l’enseignement à tous les élèves durant la crise du coronavirus.

« Nous représentons la grande majorité des directions des écoles primaires et secondaires du Québec, publiques et privées. Ensemble, dans ce même esprit de solidarité, nous vous implorons de ne pas annuler ce qu’il reste d’année scolaire au Québec et de nous permettre de mettre en œuvre une continuité de services éducatifs à distance durant la fermeture des écoles », indique une lettre signée par la Fédération des établissements d’enseignement privés et par trois associations de directions d’écoles publiques.

« Toutes les études démontrent qu’une longue période d’inactivité scolaire a un impact négatif sur la réussite des élèves, particulièrement celle des élèves en difficulté. Imaginons l’impact de cinq mois ou plus, si nous laissons nos élèves à eux-mêmes sans le moindre accompagnement du système scolaire », ajoutent les signataires.

« Avec des directives claires, laissez-nous faire preuve de leadership pédagogique et mobiliser nos équipes pour réussir ce défi. Nous offrons de collaborer ensemble, écoles publiques et privées de tous milieux dans une mobilisation historique du système scolaire québécois pour le bien de nos enfants. Nous offrons de partager nos meilleures pratiques et nos plateformes pour qu’un enseignement à distance efficace puisse se réaliser. Monsieur le Premier Ministre, nous sommes capables, ensemble, de relever ce défi », indique la lettre.

Elle est signée par Hélène Bourdages, présidente de l’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire; David Bowles, président de la Fédération des établissements d’enseignement privés ; Carl Ouellet, président de l’Association québécoise du personnel de direction des écoles ; et Nicolas Prévost, président de la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement.

D’autres détails suivront.

COVID-19 : toutes les écoles ontariennes fermées du 14 mars au 5 avril

Salle de classe vide

(archives)

PHOTO : RADIO-CANADA / ANNE-LOUISE DESPATIE

Radio-Canada2020-03-12 | Mis à jour le 13 mars 2020

Devant l’avancée de la pandémie de coronavirus, toutes les écoles financées par les fonds publics resteront fermées par arrêté ministériel du 14 mars au 5 avril inclusivement.

C’est à la suite de la recommandation du médecin hygiéniste en chef de l’Ontario, le Dr David Williams, et des experts de la table de commandement COVID-19 que le ministre de l’Éducation a émis une ordonnance ministérielle pour fermer toutes les écoles de la province non seulement durant la semaine de relâche qui s’amorce vendredi, mais aussi pour les deux semaines subséquentes.

La mesure touche toutes les écoles élémentaires et secondaires de l’Ontario.

Le décret à cet effet a été approuvé par la lieutenante-gouverneure de l’Ontario.

« Nous reconnaissons l’impact significatif que cette décision aura sur les familles, les élèves, les écoles, ainsi que sur la communauté au sens large, mais cette précaution est nécessaire pour assurer la sécurité des personnes », déclare le gouvernement ontarien par voie de communiqué.

Près de deux millions d’élèves sont scolarisés en Ontario, de la maternelle à la 12e année.

Des garderies fermées

Les garderies situées dans les écoles des conseils Viamonde et MonAvenir dans le Sud de l’Ontario sont ouvertes vendredi le 13 mars, mais elles seront fermées du 14 mars au 5 avril inclusivement.

Nous nous assurerons que les établissements scolaires ainsi que les autobus soient désinfectés avant d’autoriser le retour des élèves, a précisé Viamonde dans une lettre adressée aux parents d’élèves.

Pénurie de profs au Canada français

Marco Fortier
16 février 2019
Éducation – LEDEVOIR – https://www.ledevoir.com/

Il n’y a pas que le Québec qui manque d’enseignants. La pénurie s’étend aux conseils scolaires francophones de tout le Canada, où le recrutement de professeurs devient un défi pour des communautés minoritaires qui cherchent à préserver leur langue et leur culture.

Les 28 commissions scolaires du Canada français, responsables de 165 000 élèves, manquent tellement de main-d’oeuvre qu’elles tentent de recruter des stagiaires québécois de troisième ou quatrième année du baccalauréat en enseignement.

« Nous travaillons sur un partenariat avec l’Association canadienne d’éducation de langue française afin d’accueillir des étudiant.e.s des facultés d’éducation du Québec, indique Karine Charlebois, de la Fédération nationale des conseils scolaires francophones (FNCSF). Ce programme permet aux étudiants de découvrir un nouveau contexte éducatif, soit celui des communautés francophones du Canada. Il offre la possibilité d’un enrichissement sur les plans tant professionnel que personnel et culturel par l’intégration dans le milieu. »

La pénurie d’enseignants est si importante que des conseils scolaires du Canada français appellent à la rescousse des retraités et doivent embaucher des suppléants non légalement qualifiés qui ont une scolarité collégiale. La pénurie touche aussi les directions d’école.

« Les besoins sont très, très criants », résume Monique Boudreau, présidente du Regroupement national des directions générales de l’éducation (RNDGE).

Classes d’immersion

Les 700 écoles primaires et secondaires francophones du Canada font face à une tempête parfaite : le nombre d’élèves a augmenté de 16 % depuis 2012, les facultés d’éducation attirent moins d’aspirants enseignants, les profs partent massivement à la retraite, les jeunes enseignants sont nombreux à quitter le métier, et le Québec, qui a longtemps été une source complémentaire d’embauche, ne peut plus fournir de relève à cause de sa propre pénurie de main-d’oeuvre.

700 Le nombre d’écoles primaires et secondaires francophones à l’extérieur du Québec

Il faut ajouter à cela l’engouement pour les classes d’immersion française dans les écoles anglophones, qui drainent de précieux enseignants francophones. Au Nouveau-Brunswick, les élèves peuvent désormais faire de l’immersion dès la première année du primaire, ce qui aggrave les difficultés de recrutement des écoles francophones.

« La profession est dévalorisée. Les jeunes ne veulent plus enseigner. Cette année, la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université de Moncton aura à peine 36 ou 37 finissants. Je pourrais tous les embaucher ! » dit Monique Boudreau, qui est directrice générale de l’éducation du District scolaire francophone Sud au Nouveau-Brunswick.

Reconnaître les compétences

La Fédération nationale des conseils scolaires francophones réclame la création d’un consortium national de recrutement des enseignants ; la reconnaissance des compétences professionnelles entre les provinces pour assurer une meilleure mobilité des enseignants au pays ; des mesures de valorisation de la profession pour augmenter le nombre d’inscriptions dans les facultés d’enseignement (mentorat, stages rémunérés, appui pour faciliter l’intégration des nouveaux enseignants).

Il faut aussi reconnaître les compétences professionnelles des étrangers, pour faciliter le recrutement d’enseignants venus d’ailleurs. Les commissions scolaires vont recruter des aspirants profs dans les foires d’emploi en France et en Belgique, mais la reconnaissance des diplômes et acquis professionnels reste problématique, explique Monique Boudreau.

« Pour faciliter le recrutement d’enseignants retraités, le Nouveau-Brunswick leur a récemment permis de revenir sur le marché du travail jusqu’à concurrence de deux ans sans être pénalisés financièrement. Ailleurs au pays, les enseignants à la retraite sont confinés à un nombre limité de jours pour faire de la suppléance », souligne aussi Mme Boudreau.