L’interactivité dans les cours en ligne en mode asynchrone

Publié le 3 avril 2019 | Multidisciplinaire – Profweb

Catherine Rhéaume Contacter
Éditrice, Profweb

Comment susciter l’engagement des étudiants dans un cours en ligne? Comment faire en sorte qu’un cours en ligne ne soit pas, pour l’étudiant, que l’équivalent de la lecture d’un recueil de textes ou le visionnement passif d’une série de vidéos?

Le 7 mars 2019, j’ai participé à une table d’échanges organisée en ligne par le Réseau francophone d’enseignement à distance (REFAD), table qui portait sur les stratégies pour accroître l’interactivité des cours en ligne. Il y a surtout été question des cours en mode synchrone et j’ai consacré 2 autres textes à cet aspect de l’activité:

Toutefois, ici, en m’inspirant d’éléments abordés lors de la table d’échanges qui concernaient les cours en mode asynchrone, je fais quelques suggestions d’outils pouvant être utiles pour incorporer un peu d’interactivité dans un cours asynchrone.

Le contenu du média qui suit pourrait ne pas être conforme au standard d’accessibilité.

L’enregistrement de la table d’échange organisée par le REFAD – Stratégies pour accroître l’interactivité dans des cours en ligne

Rendre des vidéos interactives

François Dallaire et Lise Chovino, du Centre de documentation sur l’éducation des adultes et la condition féminine (CDÉACF), ont proposé d’utiliser un outil comme H5P (un logiciel libre) pour rendre des vidéos interactives. Il a déjà été question de H5P dans Profweb.

Le contenu du média qui suit pourrait ne pas être conforme au standard d’accessibilité.

Un exemple d’une vidéo enrichie avec H5P. Regardez la vidéo, voyez les annotations et répondez aux questions qui vous seront posées!

On peut également rendre des vidéos interactives avec EdPuzzleVideoAnt ou VideoNot.es, par exemple. Il a été question de ces 3 outils dans un article paru dans Profweb, et l’enseignant de chimie Basile Tchize a présenté son expérience avec EdPuzzle dans un récit. Une autre activité de la Semaine de la formation à distance 2019 du FADIO a porté spécifiquement sur EdPuzzle et VideoAnt.

Le contenu du média qui suit pourrait ne pas être conforme au standard d’accessibilité.

Présentation de Jean Desjardins, conseiller pédagogique au Collège Sainte-Anne et au Collégial international Sainte-Anne, et Audrey-Anne Ross, enseignante au niveau secondaire à Sainte-Anne, dans le cadre de la Semaine de la formation à distance 2019 organisée par le FADIO. Il est question d’EdPuzzle pendant la première moitié de la présentation, et de VideoAnt dans la deuxième partie.

Une communauté en vidéo

Pour susciter des interactions entre les étudiants dans un cours asynchrone, le forum de discussion est un outil qui a fait ses preuves.

Pour pousser le concept plus loin, pourquoi ne pas essayer un forum de discussion vidéoFlipgrid est un outil gratuit conçu pour ça : les étudiants enregistrent en vidéo leurs réponses à des questions ou leurs contributions à des discussions, et peuvent voir les réponses de leurs pairs et y réagir.

Collaboration entre étudiants

Pour susciter les interactions en mode asynchrone, les participants de la table d’échanges du REFAD ont évoqué qu’on pourrait aussi, entre autres, demander aux étudiants de collaborer dans un wiki ou un document collaboratif (un document Google ou un document sur Framapad, par exemple). Une autre option, trouvée dans une banque d’activités d’enseignement-apprentissage à distance montée à l’Université Lavalun blogue collectif.

Pour aller plus loin

Si le sujet vous intéresse, je vous recommande un texte que j’ai écrit après avoir assisté à une activité organisée dans le cadre de la Semaine de la formation à distance 2018 du FADIO, une table d’échanges sur les pratiques dynamiques en formation à distance (tant en mode synchrone qu’en mode asynchrone).

Consultez également le rapport publié par le REFAD et le CDÉACF au sujet de stratégies pour accroître l’interactivité des cours en ligne.

Enseignez-vous en mode asynchrone? Faites-vous en sorte de susciter des interactions entre vos étudiants et vous ou chez les étudiants entre eux? Dites-nous comment vous vous y prenez dans les commentaires!

À propos de l’auteure

Catherine Rhéaume Elle est éditrice et rédactrice pour Profweb depuis 2013. Elle est également enseignante de physique au Cégep Limoilou et chargée de cours pour les cours compensateurs à l’Université Laval. Son travail pour Profweb l’amène tout naturellement à s’intéresser à la technopédagogie et à tenter d’innover dans son enseignement.

Apprendre avec la réalité virtuelle

Publié le 16 avril 2019 par Nathalie Couzon

Comment tirer parti de l’innovation technologique pour mieux réussir, faire vivre des expériences positives à l’école et engager davantage les élèves à s’investir dans leur scolarisation et la réalisation de leur plein potentiel? C’est ce à quoi une étude récente, publiée dans le Research in Learning Technology Journal, s’est intéressée en comparant les résultats obtenus par des étudiants de l’Université de Warwick (Royaume-Uni) lorsqu’ils utilisaient des casques de réalité virtuelle plutôt que des manuels scolaires classiques ou des vidéos sur ordinateur dans un cours de biologie.

Pixabay/yohoprashant

Réalité virtuelle, performance scolaire et motivation

L’apprentissage expérientiel est une façon d’apprendre dans l’action.

John Dewey, Expérience et éducation, 1938

[Traduction libre]

Dans le cadre de cette étude, une centaine d’étudiants de première année en psychologie âgés en moyenne de 19 ans ont suivi le même cours de biologie en utilisant différents matériels didactiques, soit des manuels scolaires, des casques de réalité virtuelle ou une vidéo 2D.

Chaque participant a été soumis à un test de connaissances avant et après le cours. L’analyse comparative des résultats obtenus par les étudiants lors de ces deux tests a montré que ceux qui avaient utilisé la vidéo avaient obtenu une moins grande amélioration de leurs résultats dans le deuxième test (16,1 %) que ceux qui avaient suivi la leçon avec les manuels scolaires (24,5 %) ou avec les casques de réalité virtuelle (28,5 %). Ces derniers ont également montré de meilleures performances de mémorisation. Cependant, l’utilisation de casques virtuels n’a eu aucun effet sur la compréhension du contenu comparativement à l’usage de manuels scolaires.

En plus d’évaluer le niveau d’apprentissage des étudiants, les chercheurs ont aussi mesuré leurs réactions émotionnelles positives ou négatives (ex. : plaisir, intérêt ou, a contrario, peur, anxiété) qui sont considérées comme un élément important du rendement scolaire. Ils ont enfin évalué leur engagement en leur demandant, par exemple, si le matériel utilisé les avait aidés à apprendre un nouveau concept, ou encore s’ils aimeraient l’utiliser à nouveau. Là encore, la recherche fait état que la réalité virtuelle rendait l’apprentissage plus stimulant et que les étudiants prenaient davantage plaisir à apprendre de cette façon, même s’ils ont eu quelques difficultés à se familiariser avec l’outil.

Bien que l’étude démontre les avantages à long terme de la réalité virtuelle sur l’apprentissage, les chercheurs soulignent que ces résultats positifs peuvent être en partie attribuables à la nouveauté de l’équipement technologique. Ils notent également que les résultats obtenus dans cette étude pourraient s’améliorer avec le temps, à mesure qu’on se familiarisera avec l’équipement et son utilisation.

[Rendre l’invisible visible grâce à la réalité augmentée]

Potentiel de la réalité virtuelle

Le casque, qui permet à l’utilisateur de voir – et dans certains cas, d’entendre – un espace 3D, l’immerge complètement dans l’environnement virtuel, qui remplace l’environnement physique qui l’entoure, ce qui permet un traitement différent de l’information pour l’utilisateur, un apprentissage plus actif, et aussi une attention plus grande sur la tâche qu’il a à accomplir.

En éducation, la réalité virtuelle peut donc être particulièrement pertinente dans certaines matières reposant largement sur des supports visuels, comme la géographie ou les sciences, car l’expérience immersive semble plus adaptée qu’un livre imprimé. Ainsi, les jeunes peuvent explorer des espaces physiques (visites de musées, reconstitutions d’évènements ou de sites historiques) ou encore développer leurs compétences manuelles sans se mettre en danger ni risquer d’abîmer les locaux ou le matériel, et tout ceci dans une atmosphère plus ludique. De plus, l’immersion et l’engagement peuvent être considérés comme intrinsèquement liés dans les environnements virtuels, ce qui explique l’intérêt accru pour ce type d’environnement d’apprentissage.

Même si, dans le cadre de cette étude, le coût de la technologie utilisée reste assez élevé, cette dernière permet de vivre des expériences qu’il serait impossible de reproduire dans la réalité en raison du coût que l’investissement représente. D’après les chercheurs, on gagnerait donc à en équiper minimalement les salles de classe pour enrichir et varier les méthodes d’apprentissage, et développer de nouvelles expériences d’apprentissage qui n’ont jamais été réalisées auparavant. Il serait aussi intéressant d’étudier comment la réalité virtuelle peut être utilisée dans des contextes hors de la salle de classe, comme dans le cadre de l’apprentissage à distance ou de l’autoformation.

[Modifier les apprentissages au 21e siècle]

[Pour consulter la recherche : https://journal.alt.ac.uk/index.php/rlt/article/view/2140/pdf_1]

L’Ontario bannira les cellulaires des classes dès la prochaine année scolaire

Allison Jones – La Presse canadienne à Toronto
13 mars 2019
Éducation

Les téléphones cellulaires seront interdits à compter de septembre dans les salles de classe des écoles publiques de l’Ontario pendant les heures d’enseignement.

La ministre de l’Éducation de la province, Lisa Thompson, a affirmé mardi dans un communiqué qu’une annonce officielle serait bientôt faite. « Les élèves ontariens doivent pouvoir se concentrer sur leur apprentissage, pas sur leur téléphone cellulaire, a-t-elle écrit. En interdisant l’utilisation du téléphone cellulaire, une source de distraction, nous aidons les élèves à se concentrer sur l’acquisition des compétences de base dont ils ont besoin, comme la lecture, l’écriture et les mathématiques. »

Certaines écoles s’étaient déjà dotées de politiques similaires, mais la province donnera une directive à toutes les écoles publiques pour l’année scolaire 2019-2020, ont indiqué des sources gouvernementales à La Presse canadienne. La façon de faire respecter l’interdiction serait laissée à la discrétion de chaque conseil scolaire et de chaque école.

Des exceptions seraient prévues pour des raisons médicales et pour les élèves ayant des besoins spéciaux, ou lorsque les enseignants souhaiteront utiliser un téléphone cellulaire dans le cadre de leur cours.

Appui à 97 %

Le gouvernement conservateur a mené des consultations sur l’éducation l’année dernière. Tandis que les détails sur le programme d’éducation à la sexualité dominaient les manchettes, des informations ont également été recueillies sur une éventuelle interdiction du téléphone cellulaire en classe. Environ 97 % des répondants étaient favorables à une restriction des téléphones en classe. « C’est ce qui s’est le plus rapproché de l’unanimité au cours de notre consultation », a déclaré une source.

Les progressistes-conservateurs avaient proposé une telle interdiction dans leur programme lors de la campagne électorale de l’année dernière.

L’Association des conseils scolaires des écoles publiques de l’Ontario n’a pas fait de commentaire, mardi, mais dans sa présentation lors des consultations, elle avait exhorté le gouvernement à continuer de permettre aux conseils scolaires de prendre leurs propres décisions.

Du côté du Québec

La mesure ne risque pas d’être suivie au Québec, du moins à court terme, si l’on se fie aux propos de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ).

« Il y a des restrictions, mais pour ce qui est de l’interdiction complète, nous n’avons pas eu de discussions à la Fédération à ce sujet et nous n’avons pas eu d’échos non plus », a expliqué la directrice des communications à la FCSQ, Caroline Lemieux.

« On sait que ça peut parfois être un casse-tête pour les écoles, mais il n’y a pas actuellement de tendance vers une interdiction complète », a-t-elle raconté, rappelant que cette décision relève de chacune des écoles et que les règles régissant l’usage du cellulaire dans l’établissement sont prévues dans les codes de vie de chacun d’entre eux.

Ces codes de vie sont approuvés par les conseils d’établissement, qui regroupent membres du personnel enseignant et parents.

Situation immuable ? Pas nécessairement, selon Mme Lemieux : « On sait que, parfois, on a tendance à être à la remorque de l’Ontario. Si l’Ontario le fait, ça se peut bien que la question se pose ici ensuite, mais je n’ai jamais entendu parler d’une intention en ce sens », a-t-elle insisté.